Personal blogs from abroad students at L'École de design Nantes Atlantique
30 sept 2012
28 sept 2012
27 sept 2012
26 sept 2012
Il fait chaud ! Et oui maintenant je peux le dire, le crier haut et fort, il fait chaud !…

Il fait chaud ! Et oui maintenant je peux le dire, le crier haut et fort, il fait chaud ! Pendant que vous, tout là-bas en France, entrez dans la période automnale, j’ai le plaisir de vous annoncer que je suis en tee-shirt, que je prend mon petit déjeuner dehors sur le balcon, et que je rentre à 21h toujours en tee-shirt, il fait 30°. Au-delà de la pluie et du beau temps, mes journées s’enchainent à l’agence, et j’ai prit le rythme digne d’une indienne active ! Nous travaillons Sébastien et moi-même depuis une semaine sur la conception d’une maquette, chacun notre maison. Nous espérons pouvoir toucher un peu l’intérieur par la suite.

Le temps est parfois long, mais ce qui est plaisant ici c’est que Bangalore est une ville qui ne dort jamais. En quittant l’agence à 20h, c’est agréable de voir s’animer autour de vous une foule d’indiens. Les rues sont bondées et les petits boui-boui toujours ouverts pour répondre à n’importe quel besoin. Ici il ne faut pas compter sur les grandes surfaces pour trouver votre bonheur. Vous voulez une casserole ? Et bien il faut aller dans le boui-boui des casseroles, des draps ? Dans le boui-boui des draps…  Le challenge est de trouver le boui-boui qu’il vous faut.

Je suis d’ailleurs à la recherche de celui des plats à gâteau, la prochaine étape étant de cuisiner pour mes collègues, ils nous réclament des crèmes-brulée, et bien ils auront un crumble !

Bangalore
19:57

25 sept 2012
24 sept 2012
Why India ?

Voilà ce que me demandent la plupart des Indiens que je croise. Le regard interrogateur et un peu inquiet en l’attente de ma réponse.

J’ai souvent du mal à répondre à cette question de but en blanc, comme ça. Il y a pourtant plein de raisons qui m’ont poussée à ce qu’ils considèrent être d’une étrangeté absolue.

D’abord –et même si ça n’est pas la principale raison- L’Inde est un pays anglophone et il me semble que dans un monde qui s’internationalise de plus en plus, parler anglais devient une nécessité, surtout quand on est désireux de rencontrer d’autres cultures.

Au-delà de mon âme voyageuse, ce programme est l’occasion, peut-être unique dans une vie, de partir vivre deux ans à l’étranger, qui plus est, confrontée à une culture aux antipodes de la nôtre. C’est donc avoir l’opportunité de rencontrer des « autres » qui ne pensent pas du tout comme vous. Ça peut être parfois déroutant, agaçant, voir même effrayant, mais c’est justement ce qui est enrichissant. Parce qu’il faut passer par l’acceptation de l’autre tel qu’il est, ça ne veut pas dire être obligé d’être d’accord avec lui, mais essayer de comprendre que cet autre qui vous fait face n’a pas le même point de vue par son histoire, par ce qu’on lui a appris, par ce qu’il a vécu dans sa vie, …

Vient le choix tout particulier du pays, l’Inde. Pourquoi venir dans un pays encore autant attaché à ses traditions, aussi brut de décoffrage ?
Encore une fois, c’est cela qui m’intéresse, une Inde si contradictoire qui se ballotte entre une occidentalisation puissance 8000 et sa richesse culturelle, intense. J’observe, et j’ai l’impression qu’elle ne sait trop où se placer, ne faisant concession à aucun des deux aspects.

Et c’est là le propos de notre programme « Interculturalité », un mot qui parle de mélange, de partage et de compréhension comme je l’évoquais plus haut et non de la domination d’une culture par une autre. J’espère pouvoir plus tard contribuer à éviter la conformité et au contraire (re)valoriser tout ce qu’une culture à de riche en l’alliant aux connaissances techniques que nous avons à ce jour.

L’inde est le pays qui peut être à l’image de cette interculturalité, car malgré quelques « dommages » selon moi, il existe aussi beaucoup de designers et d’architectes qui tendent à préserver le patrimoine architectural en combinant architecture vernaculaire et besoins actuels. Et cela étant porté par un savoir-faire de l’artisanat encore très présent grâce à Dieu, Bouddha, Allah ou que sais-je.

Ce cursus répond donc à mon envie de travailler, plus tard, à la revalorisation du patrimoine Breton, montrer, comme le font si bien les stylistes d’aujourd’hui, que la mondialisation peut aussi être un moyen de souligner et d’appuyer chaque identité, chaque particularité. Qu’elle serve la diversité culturelle plutôt que la standardisation.

Solen.

23 sept 2012
Early Morning Sunday Market

Sept heures.

La voix du maître de cérémonie du DK Patel Hall voisin – accueillant cette semaine chants et discours animés jusqu’au soir – s’infiltre déjà par la fenêtre, accompagné de la lumière matinale.

Le ciel est clair. Réveillés tôt, on se met bien vite en route direction le Sunday Market, près d’Ellis Bridge.

Une floraison d’étales et d’échoppes en tout genre éclosent sous nos yeux, à mesure que nous progressons dans ce marché informel qui s’installe. Vaisselle, ouvrages de métal méticuleux, tablettes de bois, piles de bouquins, montagnes de tissus, collection de vieux appareils.. Le tout forme un bal joyeux où chacun déambule parmi les marchandises accumulées.

On entame bientôt la négoce, bras de fer de bon ton, coupé seulement par le passage des chèvres et des vendeurs pressés, leur trésors empaquetés sur la tête.

La foule grandit alors que nos bras se chargent de trouvailles.

Le soleil tape fort à présent. La rivière toute proche n’enlève rien à la chaleur devenue écrasante. La faim se faisant sentir nous regagnons la route pour un brunch des plus agréables aux portes de la vielle ville. L’aventure culinaire se poursuit pour mes papilles alors que nous sommes attablés face à la Sidi Sayyed Mosque.

Des milliers d’images si différentes du domaine connu se succèdent chaque jour, et il reste tant à voir.



Hélène

La routine.

La routine s’installe: Boulot, dodo. Il est temps de découvrir du pays, mais avec le peu de temps que l’on a justement, c’est difficile.

Ma petite vie se résume désormais à me lever vers 8h, partir pour 9h à l’agence, là commence la première étape de la journée qui est de trouver un conducteur de rickshaw susceptible de bien vouloir nous emmener avec Seb et au bon prix. Et malgré le nombre de petits tuc-tuc que l’on croise, croyez moi ce n’est pas si simple, car SHANKARAPURAM, lieu de mon agence, n’est apparemment pas un quartier apprécié de ces messieurs les drivers. Une fois à l’agence avec un peu de retard, et ça ce n’est pas bien grave car la ponctualité n’est pas une qualité requise pour vivre en Inde, nous continuons le travail de la veille. En ce moment nous travaillons chacun sur la conception d’une maquette.

Mr Chesneau, vous seriez fier de nous (ou pas!).

A midi (ou plutôt à 13h45), nous mangeons notre nourriture “homemade” ou on commande à l’extérieur. En l’occurrence hier c’était nos restes de l’appart, beef Byriani. Ici chacun goute les plats des autres, me voilà prise d’un élan de générosité en offrant mon plat à qui le voudra, le retour fut un peu froid:

“I don’t eat beef !”

Bravo petite Clémence, tu as du oublier qu’en Inde la plupart des indiens ne mangent pas de bœuf ! Malheureusement la petite vache sacrée fut dans mon plat ce midi là… L’intégration dans mon agence commence bien.

BREF ! Seb rit bien de mes conneries. Voulant coute que coute faire ami ami j’ai parfois la mauvaise idée de tenter une conversation. Là encore je me sens bien ridicule quand je ne comprend rien à la réponse de ma question, un blanc s’installe, tout le monde me regarde. Ok je dois peut être répondre quelque chose, oui ? non ? Ok ? C’était une question ou une afirmation ? Mais pourquoi j’ai parlé ??!

Le premier geste instinctif humain que je fais et que tout homme normalement constitué fait: je regarde mon voisin Français en le suppliant des yeux de m’aider. Il n’a pas comprit plus que moi… en gros débrouille toi !

“I don’t understand.” Mais ils n’en restent pas là, non non ! Ils te reposeront la même question avec la même intonation et avec le même accent.

MAIS ILS NE PEUVENT PAS FAIRE UN EFFORT ??!

Tu rougies et souris bêtement, ils ont comprit que tu n’avais rien comprit, la situation gênante ne dure pas plus de 5mn en générale, mais j’ai souvent la bonne idée de me fourrer dedans quotidiennement.

On termine à 19h ou 20h, tout dépend du travail, on rentre at home. Un petite heure de bouchon, de pollution et me voilà au 45 Berlie Street dans Shanti Nagar.

Manger, skyper, photoshoper, et c’est la fin de la journée.

A vrai dire je ne me sens plus vraiment en Inde, ou alors je me suis fais peu à peu à cette nouvelle vie si différente de la votre, tout là bas, en France.

Regardez, je vais bien ! (Florian, je t’entends déjà me dire: Mais c’est quoi cette tresse toute moche ?! Je te l’accorde ça ne ressemble à rien, mais non je n’ai pas changé !)

Bangalore
17:14